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lundi 10 août 2015

La figure du troubadour


La figure du troubadour me suit ou plutôt m'attire vers les interlignes où je n'aurais pas osé traîner mes guêtres. Silencieuse, parfois grave, parfois mutine, elle sait mieux que moi que musarder est source d'inspiration. Dans son sillage, j'avale des kilomètres de paysages, j'appose ma loupe sur les détails d'une table de café pendant que le troubadour tamponne sa serviette d'estampes caféinées.

La douleur du départ de ces ailleurs lance la marée de mots qui s'en suit; chaque bouffée d'inconnu nourrit ma lanterne d'idées. C'est le nez au vent qu'il veut comprendre le monde. Je suis, de son âme tsigane je perçois les tambourinements joyeux et les élans sincères. Laisser un peu de soi mais surtout  capter l'atmosphère des lieux traversés pour mieux restituer au monde la vision qu'on a de lui. 

La figure du troubadour est celle qui me dit que l'art n'est pas un vilain mot, le travail et l'honnêteté sont gages de sûreté. Tout s'agrandit, tout s'élargit, au fil de la curiosité sans cesse renouvelée. Par contact, je me sens gagnée par son regard galvanisé et ses réflexions profondes. Il est donc possible de partager ces moments perdus à penser la place d'un silence, la durée d'un son? Qui d'autre pouvait mieux entrer en résonance avec mes questionnements, si ce n'est le troubadour habité par l'esprit du voyage et du goût du savoir? 

Avec un peu d'audace, j'aurai la présence d'esprit de le retenir. Il est fébrile. Il vient, il va. Se poser l'angoisse mais créer nécessite un ancrage au moins ponctuel si ce n'est durable. Vient le temps des torpeurs nocturnes, les passages à relire, les rituels d'écoutes et d'analyse. 

La figure du troubadour me suit, ou plutôt je m'y attache et régulièrement, en rêve ou de jour, elle me souffle ses pensées, ses leitmotivs. Je la reconnais tout autant qu'elle me désarçonne. L'esprit toujours alerte, en mouvement, vers ce qui n'est pas encore mais qui sous ses doigts bientôt naîtra.

Troubadour, esprit romantique et chevaleresque, noblesse d'âme et humilité âpre, charme discret et générosité faite homme. Je le remercie de sa visite, si proche et si loin déjà. Il n'est pas à cheval aujourd'hui mais l'était hier, assurément. Son nom est un titre de valeur sûre. 

Source : http://fealscompaings.forumdediscussions.com/t361-jongleurs-et-jongleresses

mardi 28 juillet 2015

J'ai tes artères en tête
Tes pavés dans mes pas
Tes horizons un peu mouillés
De l'eau du fleuve, la mer là-bas
Dans un passage je respire
Quelques moments galvanisants
Parfois quand je me retire
C'est pour me souvenir d'avant
Traces et voix, rires et mots
Je savais bien que ce ne serait pas
Pour si longtemps.
Trop tôt quitter
Tes rues par coeur
Les ponts et les quartiers
Autant de possibles
Veines ouvertes pour flâner
Je picorais selon l'humeur
Histoire, mystères, ambiances
D'hier et de demain
Sans cesse réinventé
Le monde à portée de main
Tu es la large matrice
La longue ligne de la main
A d'autres j'envie le délice
De te découvrir le matin.
Peu me chaut ton appartenance
J'étais vibrante sous ta peau,
Nantes.
Tu me manques.


Source: http://covoit-igr.over-blog.com/pages/Rennes_Nantes-1771995.html


dimanche 19 juillet 2015


For dancing is the only way I've found to say without speaking, to be without words.
Existing in movements rather than in sentences.
Flow with no voice.
Emotions without shame.
I move like I'd like to talk.

                                                 Source photo: http://dansercanalhistorique.com/2013/06/16/carolyn-carlson-et-eva-yerbabuena/

"Chaque mouvement est un poème."

Carolyn Carlson

mercredi 8 juillet 2015

Etendre les étamines
Pour miner les états d'âme
Atmosphères amères
Que je réduis en larmes
Poussières qui tournoient dans l'air
Impatient tourbillon de flammes
Incandescentes
Phénix à venir



Possible de ne pas tout terrer.
Possible de ne pas vraiment se taire.
Se taire.
Terrer.
Terrorisée.
Terre aride
A arroser.
Atermoiements.
Ténuité.
Tenacité.
Tenter.

mardi 7 juillet 2015


  • Parer au plus pressé: recueillir le précieux liquide s'écoulant de la gangue, le protéger des vices extérieurs qui pourraient le rendre encore plus volatile. 
  • L'embouteiller pour le faire maturer à l'abri des regards.
  • L'emparfumer avec des arômes soigneusement choisis, au contact desquels il va développer le sien propre lors de rares instants de débouchage. Mélange d'eau douce et d'eau salée, un confluent. 
  • Recommencer le processus.
  • Recommencer encore. Sans médiocrité, sans acharnement.
  • Et alors, seulement, comprendre que rien d'autre ne doit se faire: laisser advenir, naître et prendre forme. 

Une fiole sous la mer.
Une fille un peu folle.
Une étoile sans mère.