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samedi 12 avril 2014

Corner les pages ne servira jamais à rien. C'est cela qu'il se dit, et pourtant l'abasourdissante nouvelle ne lui fait pas de mal, juste un choc qui s'épaissit et trace son empreinte dans l'épaisseur de son moi.
Cornélius engage la voie, il sait que la conversation déviera sur les trames qu'il a amorcées, or les pages sont loin d'être terminées. Le roman à l'issue de ces tournoiements incessants devra être publié, sous peine de quoi toute son armée d'ambitieuses illusions seraient anéanties. Et l'illustre Dévorat pourra ainsi être puni de la loi la plus juste, et la vérité sera rétablie.
C'est ainsi qu'il aime à penser, Cornélius le vivant. Fiable comme un cheval de trait, et passablement allègre comme un passereau. Il n'a pas pour habitude de louvoyer parmi les traîtres, il lui faut de l'honnêteté dure et concrète, il signera demain. Dévorat peut pourrir, l'auteur détient la fiole contenant le poison de ses immondices. Les réminiscences des affres passées causent à Cornélius un petit haut-le-coeur qu'il réprime aussitôt. Las de voir ces troubles l'atteindre encore superficiellement, il jette le verre et l'eau, sa respiration se calme alors. Il redevient paisible et plein de la plénitude qui l'habite depuis deux mois qu'il a mis la dernière touche à son histoire. Un récit maléfique aux vertus vengeresses, curatives pour lui. Comme la dernière phrase est assassine, comme il se plaît à percevoir tel un médium la pointe de l'aiguille du remords se planter bientôt en Dévorat.
Dévorat est mort, ou tout comme. Cela équivaut à dire qu'en Cornélius comme en tous les autres, un peu de paix se fait place, et la somme récoltée ne sera que la preuve que sa mission aura été nécessaire, non vaine, justifiée. Heureux il est déjà soucieux de distribuer son pamphlet aux plus démunis, à ceux qui ne se savent pas encore atteint de ce mal qui pourrait bien les laisser exsangues pour de bon. 

mercredi 9 avril 2014

J'ai voulu choir
Dans l'eau éteinte
Un tissu blanc
Qui m'aurait ceinte
Vaguement bleutée
Une vague en somme
Je suis l'illustre sirène-ange
En tournoiements
Deux-trois mouvements
L'onde me porte
Et dans l'étrange
Je vogue allègre
Je vois les blanches
Lueurs habiles
Qui miroitent mon reflet
Pâle opale palpant cérébral
Qui défait le sort tricoté
Par les fées.

mercredi 26 mars 2014

Indeed??






"I don't believe in frettin' and grievin' 
Why mess around with strife' 
I never was cut out to step and strut out 
Give me the simple life 

Some find it pleasant dining on pheasant 
Those things roll off my knife 
Just serve me tomatoes and mashed potatoes 
Give me the simple life 

A cottage small if all I'm after 
Not one that's spacious and wide 
A house that rings with joy and laughter 
And the ones you love inside 

Some like the high road, I like the low road 
Free from the care and strife 
Sounds corny and seedy, but yes, indeed 
Give me the simple life"


Over there


Il est grand
Blanc
Immense
Et sous le froid et dans la neige
Me protège
Y’a des hivers qui ne finissent pas
J’aurai tout le temps là-bas
Ah les lentes heures faibles
Lumières sur Montréal qui tombent
Crissante glace à mes pieds
La lune croisse jusqu’en été

Once upon a time




Divaguer et un long recul
Quatre ou dix, j’étais sous un pull
Noir qui gratte et j’avais pas notion
Qu’on soit blanc, noir là n’est pas la question
Qu’il faille manger, marcher, mourir
Aller contre le vent dans un grand rire


Aujourd'hui même




Toujours dans le jour j’essaie j’écume
Après dans l’élan j’allume une île
Un point, une flamme
Sans écran pour me mouvoir
En silence
Craquement d’allumette
Et fumée bleue qui me guide
Sous la terre ou au ciel
Un éternuement éteint le virtuel
C’est l’instant où je guette
Une ombre, une silhouette
Qui épouserait les contours
Qui sont les siens, que je veux miens